
33,4°C mesurés à Mulhouse mardi après-midi. Mulhouse, une station parmi d’autres qui enregistre des températures maximales jamais mesurées pour un mois de mai selon météo France. 33,4°C à Mulhouse mais combien dans les salles de classe ? Or, dans les opérations présentées à ce CAEN, seules 2 concernent la rénovation énergétique et thermique dans les lycées et 2 dans les collèges. On nous objectera que les restructurations lourdes peuvent aussi être l’occasion d’améliorer le confort thermique des bâtiments. Mais les faits sont têtus. Le changement climatique s’accompagne dans notre pays de vagues de chaleur de plus en plus précoces, longues et intenses. Et nous sommes mal préparés à y faire face. Certes le décret du 27 mai 2025 a précisé des mesures que l’employeur doit mettre en oeuvre en cas d’épisodes de chaleur extrême, mais la canicule de début juillet 2025 montre bien les limites de préconisations, dans l’Education nationale, comme « aérer les salles la nuit » ou « privilégier les espaces les plus frais pour accueillir les élèves ». Les enjeux financiers de la lutte contre le changement climatique et l’adaptation de nos sociétés à la hausse des températures s’accommodent mal de budgets marqués du sceau de l’austérité.
Tout comme la rémunération des agents de la Fonction Publique s’accommode mal de la reprise de l’inflation, dans un contexte de tensions internationales et de guerre. Avec une inflation de 2,2% en avril, le pouvoir d’achat des agents de la Fonction Publique est mis un peu plus à mal après des années de décrochage lié au gel du point d’indice. Pour la FSU, il y a urgence à ce que des mesures salariales soient prises : dégel du point d’indice et discussion sur les salaires et les carrières et dans l’immédiat la revalorisation des indemnités de déplacement. Comme pour le climat, c’est aussi notre modèle économique et sa dépendance aux énergies fossiles, qui sont en cause. Fin du monde, fin du mois, même combat !
Le budget adopté pour l’année 2026 est marquée par une opportunité démographique « manquée ». Alors que la France appartient au peloton de tête des pays de l’OCDE ayant les classes les plus chargées, que décide-le gouvernement ? De fermer toujours et encore plus des classes alors que l’on ne parvient déjà plus à remplacer de simples absences prévisibles (départs en congé maternité ou en congé paternité) ou des absences longues comme lors de démissions en cours d’année, etc.. Ces décisions de fermetures de postes ont été prises, années après années, en sacrifiant le vivier invisible des remplaçants dans le 1er degré et en augmentant les effectifs des classes dans les collèges et les lycées. Or, aujourd’hui, partout en France, partout dans notre Académie, force est de constater que nous sommes à un point de rupture, avec des remplacements non assurés à tous les niveaux d’enseignement, avec des inégalités importantes comme le révèle la note de la Depp d’avril 2026. Pour la FSU, il faudrait justement profiter de cette opportunité démographique pour améliorer les conditions de travail au service des élèves, ceci couplé à plus d’attractivité de nos métier. Ceci devrait permettre de remplir les concours et de mettre fin à la crise du recrutement. A l’inverse, la solution ne viendra pas du durcissement des règles de congé maladie, des temps partiels thérapeutiques, de la révision à la baisse des critères d’ASA…, La dégradation de la santé des personnels est aussi un symptôme d’une école qui va mal.
C’est dans ce contexte que le ministre a annoncé le retour de l’exigence scolaire, prioritairement dans la maîtrise de la langue, et ce dès la session 2026 des examens. Laisser penser que des collègues se seraient satisfaits jusqu’à présent d’une orthographe et d’une syntaxe approximatives est une mystification mais, que cette déclaration intervienne à quelques semaines du début des épreuves terminales interroge. Quant à l’ajustement des barèmes nationaux évoqué par le ministre, il a de quoi surprendre. En effet, à des enseignants d’histoire-géographie qui posaient la question de la prise en compte de l’expression écrite dans un barème dédié pour l’épreuve terminale du DNB, il a été répondu par la négative au mois de janvier. A moins que les règles n’aient changé entre-temps…
Enfin, notons que pour cette séance du CAEN où, pour mémoire, on nous rappelle le nouveau règlement intérieur, il est relativement désagréable de constater que déjà, nous ne le respectons pas. Ainsi, les documents préparatoires nous ont été transmis à la veille du week-end de la Pentecôte et pas 10 jours en amont… Nous nous demandons quelle urgence, seule a même de réduire le délai de communication des documents préparatoires à 3 jours, a empêché de nous transmettre, au moins, les documents de préparation de rentrée pourtant disponibles depuis février ?
Une interrogation pour conclure cette liminaire. Vendredi se réunira le CAEN chargé d’examiner les demandes de subventions des établissements privés. Or, si nous avons bien reçu les demandes qui concernent les collèges et donc la CeA, la part lycée, relevant de la Région Grand Est est absente de l’ordre du jour. Nous aimerions avoir des explications sur cette situation inhabituelle.
HAUT-RHIN