CSA-A du 12 mars 2026
Déclaration liminaire de la FSU
Mme la secrétaire générale
Mesdames et Messieurs les membres du CSA,
A trois jours du premier tour des élections municipales, la FSU s’inquiète du climat de violence et des menaces qui visent certains candidats, à Strasbourg notamment. La progression de l’extrême-droite dont le projet est contraire à l’idéal d’émancipation et d’égalité que porte l’école républicaine participe de cette fracturation de la société et doit être combattue, dans l’unité la plus large. Le contexte international, où l’ONU et le droit international se trouvent disqualifiés par des Etats qui décident unilatéralement d’interventions militaires, est aussi très préoccupant. La FSU réaffirme son attachement au droit international et demande la protection des populations dans tous les conflits en cours.
La FSU se réjouit de la mobilisation pour la journée internationale des droits des femmes qui montre, année après année, la détermination à faire reculer les inégalités mais aussi les violences sexuelles et sexistes et qui permet de construire un rapport de force face à la montée des conservatismes, aux Etats-Unis et en Europe notamment. Dans ce contexte, la FSU demande l’abandon des projets du gouvernement qui visent à durcir les conditions d’octroi du temps partiel thérapeutique, restreindre les autorisations spéciales d’absence liées à la parentalité et continuera à combattre la diminution de 10% de la rémunération des agents placés en congé de maladie ordinaire qui touche également les femmes enceintes, malgré l’ajout d’une semaine au congé pour grossesse pathologique.
Pour ce qui concerne l’Education Nationale, les budgets se suivent et se ressemblent. Celui préparé par le gouvernement Lecornu n’a pas fait exception à la règle, notamment pour l’Éducation Nationale. Dans notre académie, sous couvert de baisse démographique, le gouvernement a ainsi fait le choix de supprimer 12 postes ETP pour les postes enseignants du second degré et 54 dans le premier degré !
Si personne ne peut nier les évolutions démographiques, celles-ci ont bon dos. Car, alors que le nombre d’élèves dans les collèges et lycées augmentaient entre 2018 et aujourd’hui, il y avait déjà des suppressions de postes. Au point que les classes chargées sont devenues la norme. Pour la FSU, cette baisse devrait être l’occasion inespérée d’améliorer les conditions d’enseignement et donc l’efficacité de notre système éducatif !
Les suppressions de postes auront aussi des conséquences sur les mouvements qui s’ouvrent. Parce que non seulement elles restreignent l’offre mais elles s’accompagnent parfois de mesures de carte scolaire, les collègues ayant perdu leur poste devenant prioritaires sur les postes libérés ou créés. La faiblesse des créations ne fait qu’accentuer la tendance de campagnes de mutations qui s’annoncent catastrophiques.
Nous souhaitons plus particulièrement évoquer le cas du collège Solignac. L’ouverture progressive du site Lyautey (puisque pour l’instant nous ne savons pas vraiment si ce sera un nouveau collège) le transforme en un établissement qui échappe à la règle commune : refonte de la carte scolaire, ouverture de divisions en 6e basée sur des prévisions d’effectifs larges (d’autres collèges en rêveraient…), profilage des postes pour s’assurer de l’adhésion des collègues au projet d’établissement. Il semblerait aussi que derrière les « formations particulières » en SVT et Physique-Chimie se trouvent des DNL, ce qui porterait à 3 ou 4 le nombre de DNL dans l’établissement, là où la règle dans l’académie est de 2 DNL. Pour un nombre d’élèves en section bilingue encore inconnu. Et que dire de la possibilité donnée aux collègues titulaire d’un poste au collège de Solignac de conserver leurs points d’ancienneté après une mutation sur un poste à profil… Possibilité qui n’existe dans les LDG que dans le cas d’une mesure de carte scolaire. La FSU dénonce cette procédure consistant à créer systématiquement des postes à profil, profils d’ailleurs discutables et à créer des dérogations à la règle générale. Si effectivement les enseignants du collège Solignac ont vocation à enseigner sur ce nouveau site, nul besoin de créer des usines à gaz. Les règles actuelles du mouvement devraient suffire ! La FSU condamnera toute procédure aboutissant à un non respect des LDG.
Nous avons confiance dans le professionnalisme de nos collègues qui seront pleinement engagés dans le projet, comme ils vous l’ont assuré, pour permettre la réussite de leurs élèves. Enfin, concernant la grille de rémunération des AED Cdisés, la FSU note, avec satisfaction, que certaines de ses remarques faites lors du GT préparatoire, ont été prises en compte. Mais, ne nous mentons pas. Cette grille sera rattrapée par le SMIC au fur et à mesure de sa mise en œuvre. La progression du point d’indice de la Fonction publique, à hauteur de l’inflation et avec rattrapage des années blanche est la seule solution pour maintenir le pouvoir d’achat de tous les agents. La FSU maintiendra ses revendications.
HAUT-RHIN
