Les activités physiques de pleines de nature (APPN) sont de plus en plus enseignées : escalade, course d’orientation, ski alpin, ski de fond, VTT et Canoë-kayak. Dans notre région par exemple : 115 collèges et lycées disposent d’un accès à une structure artificielle d’escalade. La médiatisation des rares accidents qui s’y produisent a conduit l’inspection générale EPS à rédiger une circulaire au printemps 2017.

Ce texte contraignant amène dors et déjà les équipes pédagogiques à moins programmer ces activités. Le risque est de voir certaines APSA disparaître car les enseignants non spécialisés vont hésiter à les enseigner !

Le SNEP au sein de la FSU affirme que c’est en formant les enseignants que l’on réduit les risques. Fort heureusement le texte prévoit aussi que des formations soit proposées aux enseignants qui en ressentent le besoin. L’académie de Strasbourg économise sur le plan de la formation professionnelle continue depuis des années. Qu’en sera-t-il pour les APPN ? L’enseignant sera-t-il responsable en cas d’accident s’il n’a pu s’inscrire au PAF ?

La circulaire comprend une annexe escalade et annonce que d’autres suivront : cette activité est la plus enseignée des APPN dans l’académie de Strasbourg. Les exigences de vérifications multiples des encordements, des baudriers et des actions sécuritaires des élèves conduisent à n’enseigner que la sécurité, au détriment de la richesse des apprentissages moteurs. La déresponsabilisation des élèves est bien là, ils ne peuvent rien faire sans l’accord (« contrôle visuel et tactile ») répété de l’enseignant. Pourtant il est souhaitable que par paliers l’autonomie soit travaillée puis atteinte. Des élèves formés peuvent ainsi au terme de plusieurs leçons vérifier mutuellement les points clés et s’engager dans une voie sans danger. Aseptiser à outrance dénature l’escalade.

On confine à l’absurdité en écrivant « l’enseignant doit pouvoir intervenir à tout point du mur », les moniteurs et experts des clubs d’escalade ne le font pas ! Mais nous, nous devrions être susceptibles de le faire.

Le sujet a été abordé en CHSCT 68 car la circulaire APPN modifie de façon conséquente l’enseignement de l’EPS. Pour l’instant l’administration s’est contentée de renvoyer au niveau académique.

Christophe ANSEL pour le SNEP-FSU Strasbourg